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Créatif, vraiment?

Un voyage dans ma vie

Créatif, vraiment?

J’ ai toujours eu l’ esprit qui vagabondait, une oreille qui écoute ce qu’ on me dit, parfois même seulement une demi oreille, et une autre pour écouter mon imagination.
Si je fais un retour lointain dans le temps, j’ ai toujours eu besoin de construire des choses, cela a commencé par de simples maquettes, pour se terminer par un superbe voilier radio commandé sur lequel il y avait toujours l’ une ou l’ autre réparation à faire.
Dans le magasin de mon père, plus précisément dans l’ arrière boutique, traînaient toutes sortes d’ outils destinés au travail du cuir. J’ ai appris à m’ en servir, maladroitement d’ abord, je n’ étais encore qu’ un enfant, mais, adolescent, j’ arrivais à me débrouiller.
Il y avait surtout une pièce, au dernier étage de la maison, peuplée d’ objets qui attisaient toutes les curiosités: des machines à coudre. Pas la machine de la mère de famille ou de la couturière professionnelle, mais celles qui portaient le nom de « sellier », de puissantes machines capables de passer dans tous les cuirs. Et une petite entièrement manuelle, ou plus exactement, avec un pédalier.

Plus tard, j’ ai entamé des études d’ ingénieur civil pour apprendre comment fonctionnaient les choses: j’ étais plus intéressé par l’ idée de pouvoir me servir de mon savoir pour créer des choses (ne me demandez pas « quoi? », je n’ en sais rien), mais la vie en a décidé autrement.

 

Un voyage à travers mon univers

Un photographe

Après bien des tribulations, j’ ai fini par faire de ma passion pour la photographie mon métier.
Cela m’ a permis de faire des rencontres parfois étonnantes, de voyager dans le temps, de passer deux ans sur une île pas si déserte que cela, … .
La photographie est, depuis plus de trente ans, le fil conducteur de ma vie. Il m’ est arrivé de la mettre momentanément de côté, mais, toujours, elle trouvait une occasion de se rappeler à moi.
Entre autres choses, je me suis formé à WordPress, mais comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ ai réappris à coder, façon WordPress. Mon objectif était de me créer un site qui correspondait à mes besoins de photographe. Et, au passage, j’ ai joué au helpdesk pour d’ autres photographes moins doués que moi avec l’ informatique. WordPress m’ également amené à voyager, mêlant photos, meetings et rencontres. Je me souviens encore d’ une très longue soirée en bord de Saône, autour d’ une table garnie de bouteilles de provenances diverses, en fonction de l’ origine des participants à cette soirée. Nous avions peu dormi avant d’ aller au Worldcamp de Lyon.
Mon appareil photo m’ a également fait découvrir un monde presque imaginaire, un peu comme les nombres du même nom, la reconstitution médiévale, et m’ a mené vers un pratique de l’ escrime que j’ adore: les Arts Martiaux Historiques Européens, les AMHE, pour les intimes. Cela a été le point de départ de deux voyages bien différents: un dans le temps pour photographier tout ce petit monde, un, bien réel, pour découvrir la ville natale de mon maître d’ armes: Valencia, en Espagne.

Un voyage en noir et blanc

La photographie en Noir et Blanc

Quel photographe de mon âge n’ a pas commencé en travaillant en noir et blanc?
Ce n’ est pas entièrement vrai dans mon cas, car, bien avant de plonger complètement dans le bain, j’ avais surtout fait des diapositives parce que le résultat ne dépendait que de moi, sans qu’ un labo de développement ne vienne mettre son grain de sel pour le tirage.
J’ ai longtemps travaillé avec des films noirs et blanc, et cela pour trois raisons:
– Le coût: à condition d’ avoir un espace pour créer une chambre noire, on évitait les frais de labo et de tirage en faisant tout soi même
– La personalisation: travailler ses tirages permettait de développer son style en travaillant la photo. Aujourd’hui hui encore, ma façon de travailler une photo digitale est très influencée par ce que je faisais au labo noir et blanc.
– Décider quelle photo tirer en voyant son film sur une planche contact permet de développer, non seulement son sens critique, mais également de repérer les erreurs d’ exposition lors de la prise de vue
La plus grosse partie de mes photos sont en noir et blanc, essentiellement parce que je vois d’ abord en noir et blanc avant de penser couleur. De ce fait ma photographie couleur est une sorte de photo noir et blanc en couleur.

Voyager dans le temps

Il y a quelques années de cela, s’ est produit un assez étrange phénomène à proximité de mon domicile: dans le parc du cinquantenaire tout proche, s’ est ouverte une faille dans le continuum de l’ espace-temps. Bref un portail qui me permettait de voyager dans le temps s’ y est installé le temps d’ un week-end. Bien entendu, dans le passé, parce qu’ elle ne permettait de voyager que dans ce sens, et encore, à une période définie, le temps est toujours au beau.
Muni de mon appareil photo soigneusement camouflé, j’ ai franchi cette grille pour me retrouver en plein moyen âge: lutteurs, bateleurs, bardes, bandits de petits et grands chemin, chevaliers et gentes dames, taverniers,…, tout cela s’ offrait à mon regard.
Part la suite, j’ ai découvert que ce portail, non seulement revenait à intervalles réguliers, plus ou moins à la même date chaque année, en fonction de la lunaison, mais se déplaçait géographiquement un peu partout en Belgique, mais également en France, Hollande, Allemagne, Espagne,… en fonction de la conjonction de la lune et du soleil. Pour le trouver, il m’ a fallu me faire initier par le grand Gogol en personne, mais, maintenant, je sais où le trouver pour m’ échapper du monde moderne durant la belle saison.
J’ ai même réussi à participer à l’ un de ces voyages parmi les plus secrets, j’ ai nommé un « off », terme barbare signifiant que n’ importe qui n’ est pas admis, il m’ a fallu cueillir le Gui en compagnie d’ un druide barbu pour y être accepté, mais également acheter une tente d’ époque après ma traversée pour pouvoir me loger.

Le travail du cuir

Le voyage dans le temps qu’ est pour moi le milieu de la reconstitution médiévale, m’ a amené à renouer avec une tradition familiale: le travail du cuir.
Cela s’ est fait lentement, insidieusement, presque à mon insu.
Mais au sein de mon club AMHE, je fais figure de spécialiste du cuir.
Dans un premier temps, j’ ai vu des gens faire des démonstrations du travail du cuir. Dans un second temps, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas continuer à me promener en ville avec mes armes bien visibles, même si la maréchaussée s’ est montrée plus intéressé par cette étrange pratique et la beauté du travail sur mes épées, que par l’ aspect légal des choses. Donc, il me fallait un sac. J’ aurais pu aller dans un magasin de sport et m’ acheter un truc en nylon, mais cela n’ aurait pas mis mes épées en valeur. Il me fallait du cuir. J’ en ai trouvé dans un magasin, ici à Bruxelles, juste assez pour me faire ce sac, une gaine pour la rapière et un couvre masque.
La machine était lancée. Il m’ a fallu cependant un peu plus de deux ans pour trouver une tannerie qui accepte de me vendre des peaux. Une tannerie, pour avoir une qualité et un vaste choix de cuir. La tannerie Radermecker.
Plusieurs objets ont déjà été fabriqués et je ne compte pas m’ arrêter en si bon chemin.
Avec l’ informatisation de la photographie, même si elle ouvre des perspectives intéressante, il me manquait l’ aspect manuel du travail en laboratoire chimique. Le travail du cuir m’ apporte cet aspect à la fois créatif et manuel.

Mes aventures lors du travail du cuir

Le cuir

J’ ai passé approximativement mes vingt cinq premières années dans le milieu du cuir. Le magasin était un mélange de tout ce qui pouvait se faire en cuir, avec, également, tout ce qu’ il fallait pour fabriquer soi-même un objet en cuir. Un mélange de maroquinerie et de crépin (oui ce mot existe mais est peu connu, au point qu’ il me permettait de gagner à coup sûr au jeu du pendu).
J’ ai vu passer une nombre incalculable de peaux et en ai même découpé un nombre certain. Nous vendions de l’ agneau pour les vêtements, mais également de la vachette pour du garnissage de fauteuils ou des vêtements de motard, ou du collet de sellier utilisé pour des cartables inusables (je sais de quoi je parle, les ayant testés), des sacs de dame de type gibecière dont cela a été à la mode dans les années septante. Il y avait un petit atelier dans la maison: il servait à faire des réparations, mais également à produire certains articles, comme les gibecières précitées, ou faire du travail à la demande comme des gaines de couteaux pour les cuisiniers ou des gaines de pistolets pour des policiers aimant les beaux objets.
Mon problème a été de retrouver les outils nécessaire à ce travail, il n’ en faut pas énormément, mais ils sont assez spécifiques, ainsi que une tannerie de qualité.
Je crée des objets pour mon plaisir en fonction de mes besoins, ce qui me permet de m’ exercer à l’ art délicat de la couture dite « sellier », toute à la main. J’ apprends également la gravure sur cuir, une forme de travail du cuir que je ne connaissais pas.

Mon addiction aux épées

Qui n’ a jamais joué au chevalier étant enfant? Un, voire deux bouts de bois et on avait une épée.
Plus sérieusement, mes voyages dans le temps ont fini par me poser un problème de sécurité: comment me défendre alors qu’ ils s’ agit d’ un environnement plutôt guerrier, voire militaire et où les épées se trouvent à chaque coin de tente?
J’ ai fini par trouver la solution et me suis mis à la recherche d’ un maître d’ armes qui, comme moi, vivait dans les deux mondes. Le trouver n’ a pas été facile, mais cela a fini par arriver. Il enseigne une version espagnole de l’ escrime historique, à la rapière ou à l’ épée à deux mains. La Verdadera Destreza.
Et, donc, je me suis acheté une rapière ainsi qu’ une épée deux mains afin de mieux me glisser dans la peau de mon personnage.
Mais si ce genre d’ escrime est très addictive, le plaisir de se battre avec de beaux objets l’ est encore plus. Et incite à en acheter d’ autres, comme une main gauche pour compléter la rapière. Ou un chapeau très grand siècle.
Il m’ a ensuite fallu me refaire une garde robe, histoire de mieux passer inaperçu, ne pas me faire remarquer dans un décor où les vêtements actuels ont une fâcheuse tendance à créer comme une grosse tache visuelle.
Vous l’ aurez compris, le personnage que je suis lorsque je franchis la porte du temps, n’ a plus grand chose à voir avec celui que vous croisez en rue. Je suis un homme du passé, façon grand siècle. Et porte fièrement la rapière, mon épée favorite.

L' escrime historique en version Espagnole

Mon entraînement au combat à l’ épée

Le maître d’ armes rencontré de l’ autre côté de la Porte dirige un club d’ escrime, dite historique, de ce côté-ci de celle-ci.
Ce style d’ escrime a deux particularité:
La première, et la plus visible, est qu’ il n’ y a aucune règle, sinon de survivre. Si vous pensez « couloirs » comme dans l’ escrime sportive, oubliez cela et pensez cercles.
Ce qui m’ amène à parler de la deuxième caractéristique, la moins visible pour un oeuil distrait: notre pratique se nomme « Verdadera Destreza ». Cette forme d’ escrime nous vient, tout comme notre maître d’ armes, d’ Espagne, plus ou moins à la période de Charles Quint, mais le maître d’ armes est bien actuel (quoi que…).
Il s’ agit plus d’ une philosophie du combat à l’ épée que d’ une méthode proprement dite. A l’ époque, des épéistes renommés ont remarqué qu’ en combinant cercles et triangles l’ épéiste devenait plus difficile à atteindre. Ils ont donc développé une pratique, presqu’ une philosophie, mettant en scène des mouvements et des positions d’ épées et de corps qui permettent d’ être toujours à l’ abri derrière son épée. Cette manière de combattre est donc essentiellement défensive. L’ avantage de cette façon de penser est que cela peut s’ utiliser avec d’ autres armes blanches, comme des épées à une ou deux mains, une lance, une main gauche,… .
Donc, pour le combat à l’ épée deux mains, nous utilisons cette même méthodologie en l’ adaptant à l’ arme, très différente de la rapière pour laquelle cette idée a été développée.
Si de l’ autre côté, il s’ agit surtout d’ apprendre à se défendre, d’à ce côté-ci, il s’ agit d’ un sport qui porte le doux nom d’ AMHE, pour Art Martial Historique Européens.

La rapière

Cette arme, illustrée dans les films de mousquetaire, est la dernière évolution de l’ épée telle qu’ utilisée depuis des temps immémoriaux. Après, il y a eu l’ épée de cours, moins encombrante, pour ne pas froisser ses vêtements, et moins dangereuse. Les épées que vous voyez lors de compétition d’ escrime sportive, en sont l’ évolution logique. Et, pour ceux dont se battre était le métier, le sabre est devenu l’ arme de défense à privilégier.

Bruselas Destreza au marché médiévalr d' Eterbeek